24 février 2024. AG de l’association Escale

Rapport moral et d’activités

Rappelez-vous, il y a 50 ans, est intervenu le coup d’état de Pinochet au Chili. L’ambassadeur de France à Santiago et son épouse ont immédiatement réagi en ouvrant les portes de l’ambassade aux réfugiés, fidèles à l’ADN de la France qui accueille les personnes en danger. Ils ont agi malgré l’opposition ferme des dirigeants politiques de Paris dont le Président Pompidou qui préconisait de refouler les réfugiés. Des centaines de femmes et d’hommes ont pu ainsi échapper à la mort grâce à la résistance de ce couple..

A une plus petite échelle, ESCALE avec toutes les associations amies, s’inscrit dans cette mouvance d’hospitalité malgré les lois.
La dernière de ces lois est celle de janvier dernier, la 30eme en 40 ans. Elle a trois objectifs cachés :

  • Accroître la pression sur les migrants pour les précariser encore plus, par leur exploitation.
  • Les désigner comme responsables de l’insécurité et des violences dans notre société.
  • faire un clin d’œil aux fanatiques d’extrême droite.

Cette loi, aux relents xénophobes, et est incompatible avec les valeurs que nous défendons à ESCALE.  Je vous propose de nous associer aux mouvements qui demandent de ne pas promulguer les décrets d’application d’une telle loi. Dans notre diversité d’idées, d’engagements humanistes et de professions, il est  nécessaire d’exprimer nos inquiétudes. Cette loi dictée par des marchands de haine, est un tournant dangereux pour notre République.

Cette année 2024, marquera la 7eme année d’existence de notre association. Durant ces 7 ans, 55 réfugiés ont été accueillis, accompagnés et logés. Certains ont obtenu des titres de séjour, d’autres ont continué leur route et d’autres encore sont toujours avec nous. Nous les logeons, dans des appartements que nous louons. Malgré l’interdiction qui leur est faite, tous travaillent pour survivre, payer leur électricité et assurer à leurs enfants le minimum pour qu’ils puissent s’intégrer dans notre pays qui va devenir le leur.

Les enfants, ils sont 25, sont scolarisés et grâce à leur volonté d’apprendre, sont presque tous dans le groupe des meilleurs élèves. ESCALE les soutient financièrement, plus particulièrement lors de la rentrée scolaire, mais aussi tout au long de l’année pour qu’ils puissent pratiquer des activités sportives et culturelles. Dans cette démarche, notons l’accueil généreux des associations amies qui organisent ces activités. Nous veillons à ce que ces enfants puissent prendre part aux sorties scolaires. Merci aux enseignants qui œuvrent avec nous, pour qu’il en soit ainsi.  Tous restent à la cantine par la mise en place de tarifs accessibles, merci aux gestionnaires des restaurants scolaires.

Personnellement nous sommes attentifs :

  • à la formation de ces familles, à l’apprentissage du français, merci à l’association Horizon, c’est une réussite.
  • à la connaissance des règles et lois de notre République et du fonctionnement de ces instances et administrations.

Au niveau nourriture, ils ont le soutien des Restos du Cœur et de la Croix Rouge. La Main Tendue, association agréée par la Banque Alimentaire,  n’ayant plus de local municipal, a cessé les distributions, depuis plus de 9 mois. Le Secours Populaire est un partenaire important au moment de la rentrée scolaire. Signalons le partenariat solidaire avec la Recyclerie de Salernes qui dépanne, sans frais, les familles dans leurs besoins de matériel. Merci à eux également.

Pour les sortir de leur solitude les membres d’Escale sollicitent régulièrement nos amis et leurs enfants

Visite à leur domicile pour ‘’un café’’. Sollicitation à participer aux rassemblements de notre association : pique-nique, vide-greniers, soirées chansons, galette des rois …Sorties découverte de notre environnement : Aups, Régusse, Tourtour, le Verdon, Saint Barthélémy…Participation aux petites conférences organisées par Hervé Siffre. Soirées au cinéma la Tomette avec qui nous avons un accord d’accueil gratuit. Repas fraternels particulièrement, lors d’anniversaires ou à Noël.

Un travail long et délicat a été mis en œuvre depuis deux ans. Chaque membre d’Escale qui le voulait a écrit un texte, long ou court, qui relate son expérience au sein d’ESCALE. Maintenant, reste à savoir ce que l’on va faire de cette richesse ? On en reparlera donc.

Tout ce dont je viens de vous parler est possible grâce au réseau d’entraide mis en place depuis 7 ans et grâce à vous toutes et tous, adhérents et donateurs. Car, pour mener à bien tout cela, bien sûr, nous avons besoin de deux choses : du temps de bénévole et de l’argent. C’est donc grâce à votre générosité fidèle que, nous à ESCALE, puisons de l’énergie pour continuer et aller jusqu’au bout du chemin dans lequel nous sommes engagés.

Je fais cependant un appel. Vous avez remarqué, nous vieillissons et nous fatiguons plus vite. Nous aurions bien envie que de nouvelles personnes viennent nous rejoindre pour pérenniser cette action solidaire amorcée. Ça serait dommage de voir s’éteindre cette lueur fraternelle, essentielle pour ceux qui arrivent en notre France généreuse depuis le siècle des Lumières !

Alors faites le pas… pour une action ponctuelle ou sur la durée. Rejoignez-nous ! Nous sommes preneurs de vos compétences et de votre générosité.

Soixante-dix ans après l’appel de l’Abbé Pierre, à travers les réseaux ‘’cent pour un’’, dont ESCALE, des Français s’associent pour ouvrir leurs portes à ceux qui sont dans la détresse, à ceux qui n’ont plus de droits sauf la CMU (remise en cause par ceux qui ont la haine au cœur). Soyez certains que dans leur immense majorité, les migrants, ne quittent pas leur pays « juste pour profiter de la Sécu » ! Mais parce qu’il y a la corruption, le racket, les mariages forcés, l’excision, la misère, la guerre et surtout aucun avenir pour eux et leurs enfants.       

Ne pensez-vous pas que nous devons continuer pour :

  • que les droits des personnes exilées soient respectés
  • que  les personnes solidaires ne soient plus poursuivies
  • que la justice soit au service d’une entraide.

Pour cela, l’implication de tous ceux qui aspirent à une société fraternelle, est plus que jamais nécessaire avant qu’il ne soit trop tard.

N’ayons jamais la mémoire courte !      

Le président, Joël Delavaud